HYPERLINK « http://www.leprophete.fr/2011/06/17/massacres-commis-au-rwanda-par-le-fpr-inkotanyi-d-avril-1994-%C3%A0-ao%C3%BBt-1997-le-cas-de-la-commune-ngenda-au-bugesera/ » l « permalink » o « Lien permanent vers Massacres commis au Rwanda par le FPR-Inkotanyi d’avril 1994 à août 1997. Le cas de la Commune de Ngenda au Bugesera. »Massacres commis au Rwanda par le FPR-Inkotanyi d’avril 1994 à août 1997. Le cas de la Commune de Ngenda au Bugesera.

Fpr yakunze kwica Abahutu, ikabataba uko yishakiye , nyuma ikabataburura ikabita Abatutsi, ikajya kubanika mu nzibutso! Birababaje.

Depuis l’attaque du FPR-Inkotanyi le 1 octobre 1990, la population hutu a été massacrée systématiquement par l’APR, branche armée de la rébellion. Après le génocide baptisé « des Tutsi », ces militaires, appuyés par ceux qu’on surnommait les « caders », agents à tout faire du FPR, ont étendu ces actes génocidaires à travers tout le pays. Ils furent assistés également par quelques rescapés ainsi que par des rapatriés en provenance d’exil en Uganda, Burundi, Tanzanie, Congo (ex-Zaïre). Dans notre étude, nous nous sommes limités à la région du Bugesera peuplée des Tutsi naguère victimes des troubles post-indépendance dans les années 60.

Objectif de notre étude.

Nous avons voulu étudier sur terrain ce qu’a été la réaction des Tutsi après le génocide par de-là le discours officiel de la réconciliation qui couvre cette page sombre de l’histoire du Rwanda. La région du BUGESERA nous sert d’échantillon, tandis que les résultats de l’étude feront fonction de miroir reflétant l’état des relations entre Hutu et Tutsi dans le reste du Rwanda après une guerre de 4 ans et un génocide. Il est juste de rappeler l’autre face de la médaille que constitue le génocide des Tutsi. De ce dernier, le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha en Tanzanie, ainsi que les juridictions rwandaises s’en occupent largement. Par contre, on observe un silence ponctué par quelques révélations quant à ce qui touche aux crimes commis par le FPR.

Notre travail ne couvre qu’une infime partie des crimes au compte du FPR, crimes qui, analysés à la lumière des preuves recueillies et du droit international, répondent aux critères de génocide et crimes contre l’humanité. L’essentiel n’est pas d’inventorier toutes les victimes possibles, mais de mettre à la lumière l’autre face du conflit rwandais que certaines voix voudraient condamner au silence et à l’oubli, surtout de la part des dirigeants rwandais actuels et de leurs mentors internationaux.

Par ailleurs, il est moralement condamnable que l’opinion et la conscience internationales s’investissent à débusquer et condamner certains criminels ; et qu’en même temps elles déroulent le tapis rouge pour d’autres dirigeants dans le cadre de la de la realpolitik qui fait semblant d’ignorer la nature criminelle de leurs régimes.

Données préalables.

Les cas de massacres qui ont attiré notre attention ont en commun certains facteurs. Ils ont été supervisés par les autorités civiles et militaires. Certains cas de tueries ont eu lieu dans des camps militaires ou aux bureaux des secteurs et des communes. Ils ne sont donc pas à prendre pour des cas isolés.

Les victimes ont été massacrées, jetées vivantes dans des latrines, dans des rivières (Akanyaru, Akagera) et des lacs, ainsi que dans la grotte historiquement connue sous le nom de « Urwobo rwa Bayanga » située dans le camp militaire de Gako à la frontière avec le Burundi.

Personne ne saura le nombre exact de ceux qui ont péri durant cette période, étant donné que certaines familles ont été exterminées sans laisser de survivant. Par ailleurs, des témoins gênants de ces massacres ont été éliminés. Ainsi, notre étude recense seulement certaines victimes, les autres resteront dans l’oubli.

Aire d’investigation.

Notre zone d’investigation se limite à la seule commune de Ngenda, une des trois qui formaient la région du Bugesera au sud de Kigali. Cependant, nos investigations nous ont permis de recueillir certaines informations aléatoires. Ainsi disposons-nous, par l’intermédiaire de nos informateurs, des listes de certaines victimes du FPR à Byumba, Kibungo, le reste du Bugesera, Butare et une partie de Gitarama, ainsi que celles des communes de Bicumbi, Gikoro, Gikomero, Mugambazi, Rutongo, Kanombe, et Butamwa. Nous en avons recueilli de Nyange, de Birambo et d’une partie de Gikongoro. Ceci nous a motivé à élargir les horizons. Actuellement, nos informateurs sont attelés aux recherches dans le nord du pays pour inventorier les victimes de la période 1997-1999 dans la guerre dite des infiltrés ou abacengenzi.

Limites de notre travail.

Malgré nos efforts, nous ne comptons pas inventorier toutes les victimes car les tueries étaient éparpillées. Certaines se sont effectuées pendant la nuit dans les cachots contrôlés seulement par les militaires rompus aux méthodes de massacres en secret. Un autre handicap vient du fait que les massacres n’épargnaient pas même les enfants en bas âge. N’étant pas encore insérés dans le circuit de la vie sociale, leur identification reste problématique. Il faut encore noter que la population encore dominée par la terreur préfère souvent se taire plutôt que de s’exposer aux représailles par des révélations que le régime en place qualifie d’idéologie du génocide. En effet, les services secrets du FPR, dans le but d’enterrer définitivement toute révélation de ces crimes passés, recourt à l’élimination physique de tout témoin éventuel.

Méthodologie de travail.

Pour cette étude, nous avons disposé de dix informateurs installés sur terrain et menant des recherches pendant 5 ans, de juin 2003 à juin 2008. Nous avons préféré la discrétion pour raison de sécurité. La vérification de l’identité des victimes se faisait auprès des familiers et des voisins rescapés. Comme responsable et coordinatrice du projet, j’ai visité le Rwanda trois fois. Munie d’un visa touriste, j’y ai passé au total 87 jours. Malgré toutes ces précautions, nous déplorons l’emprisonnement de 6 de nos collaborateurs accusés faussement de semer des troubles par le seul fait de s’informer informellement sur les victimes supposées du FPR.

Je dois reconnaître aussi deux cas d’infiltration de notre groupe par des agents secrets du FPR qui ont failli nous coûter la vie. Pour y parier, j’ai dû changer de méthode en établissant un contact individualisé avec chaque agent et en évitant qu’ils ne se connaissent entre eux. Pour le même besoin de sécurité, dans notre étude, nous gardons l’anonymat des survivants et des responsables directs des tueries pour éviter l’élimination des témoins survivants. Pour les survivants vivant encore au Rwanda, nous les nommons par les initiaux de leurs noms. Pour les victimes, nous identifions la date, le lieu ainsi que les circonstances de leur mort.

Remerciements.

Nous remercions beaucoup nos informateurs pour ce travail à haut risque. Nous n’oublions pas de remercier quelques militaires du FPR et quelques rescapés tutsi qui ont accepté de nous donner des témoignages de première main sur les hauts responsables qui donnaient les ordres desdits massacres. Mon grand remerciement va à une pauvre femme qui m’a confié personnellement que son mari s’était distingué dans ces massacres, mais qu’elle ne pouvait rien faire pour l’en empêcher. Elle le considère assassin en liberté, lui reste homme de confiance du FPR. A entendre cette femme, il semblerait que ces crimes lui aient laissé des séquelles psychologiques.

Les résultats de notre recherche. 

Victimes Secteurs Date Auteurs et Remarques n1.Ntihabose Cyriaque (enseignant) Nziranziza Mai 94 Tué par des militaires en fuyant leurs poursuites. n2. Munyaringoga et son épouse Nziranziza/Nyamirama Mai 94 Enterrés vivants après les tortures par les militaires et des rescapés qui venaient du Centre de Ruhuha. n3. Marie, épouse de Sebahire Shyara/Kamweru Mai 94 Violée et après, enterrée vivante n4. Rugayabahunga Gakomeye/Kabere Mai 94 Tué après avoir subi des tortures n5.Mujyambere Claude Ruhuha/Ruramba Mai 94 Brûlé dans de l’huile n6.Kayonga Elie Gakomeye Mai 94 Castré et enterré vivant n7.Famille Sekamonyo Faustin (30 personnes) ancien inspecteur d’arrondissement de Kigali Réfugiés à Ruhuha Mai 94 Tuées par les militaires à la paroisse catholique de Ruhuha. Enterrés dans la fosse commune au jardin des prêtres. Sa femme tutsi et ses filles ont été violées par les militaires présents n8. Ndikumana Sisien et son épouse (enseignant) Nyakayaga Juin 94 Son épouse tutsi refuse de livrer son mari. Violée, torturée et mutilée par des militaires qui lui ot coupé les organes génitaux et les seins, elle a été enterrée vivante n9. Seneza Nyarugenge/Kabakemba Juin 94 Tué par balle n10.Bakanirora Nyarugenge/Kabakemba Idem Tué par balle n11.Bugabo Jean de Dieu Burenge Juin 94 Tué par des rescapés et des rapatriés en provenance du Burundi n12.Mudaheranwa Anastase Burenge Juin 94 Idem n13.Rwamuhizi Burenge Juin 94 Idem n14. 7 fils de la famille de VG: Mukanshuti, Amina, Nibagwire,   Musabyimana, Mukandamutsa, Mukarwenda, Karyango Rutonde Juin 94 Torturés et tués par les militaires accompagnés par des rapatriés en provenance du Burundi. Les filles y compris celles de moins de 12 ans ont été violées avant d’être massacrées par « agafuni ». n15. 4 filles de K : Mukamana Thérèse, Imunderere Josepha, Uwamungu Brigitte, N.ngirimana Clémentine Rutonde Juin 94 Enlevées par les militaires, violées et jetées vivantes dans lac Cyohoha sud n16. 6 fils de MA : Uzamushaka marie ; Nkurunziza Théogène, N.habineza Berna, Jean Paul, Hilaria, Janvière Rutonde Juin 94 Les filles, après être violées, ont été lapidées ensemble avec leurs frères qui ont été torturés. n17. 3 fils de MD : Ntirushwa Justin, Uwamahoro, Mabeyi Rutonde Juin 94 Ligotés et achevés par à coups d’  « agafuni » n18. 4 fils de Ngirumpatse Cosma : Bukuru, Butoya, Kabagabirwa, Mukahirwa Rutonde Juin 94 Les filles ont été violées, décapitées, puis mises en morceaux. Leurs frères sont obligés de manger crue la chair de leurs sœurs. Après ils ont été exécutés. n19. 4 fils de SK : Donatile, Twagirayezu, Bernard, Musonera, Rutonde Juin 94 Ligotés et jetés dans les eaux du lac Cyohoha n20. 4 fils de Bahizi : Marie, Camukuru ; Mabeyi, N.bagenzi Rutonde Juin 94 Ligotés et décapités n21. 3 fils de Senzoga : Marie, Niyonsaba, Fabien Rutonde Juin 94 Idem n22.Kagarara et tous les déplacés qui dormaient dans un camp à Ngoma (plus de 3000 personnes, enfants, vieillard, femmes enceintes) Nyarugenge Juin 94 Chargés dans les camions ayant des pancartes du HCR pour les tromper, conduits et tués au camp militaire de Gako. Les filles et les femmes ont été violées. Certains n’ont été brûlés, d’autres ont été jetés vivants ou morts dans l’  «Urwobo rwa Bayanga» n23.Kamerano Léopord Nziranziza Juil. 94 Capturé par des militaires et des rescapés de Ruhuha et par ceux qui venaient de Busoro. Tortuté et enterré . n24.Ntakirutinka Nziranziza Juil. 94 idem n25.Nteziryayo Daniel Nziranziza Juil. 94 Idem n26.Véronique, épouse de Rwabukwandi Nziranziza/ Kagarama Juil. 94 Violée en série par les militaires et lapidée n27.Kabahizi et son épouse Nziranziza/ Kagarama Juil. 94 Violée par les militaires devant son mari. Enterrés vivants n28.Fils de Nyamunanira Nziranziza / Ruli Juil.94 Décapité n29. Rwabutare Gakomeye Juil. 94 Brûlé dans de l’huile n30. Nzirorera (malade mental) Gakomeye Juil.94 Brulé dans de l’huile n31.Nyakarundi Emmanuel (police communale) Mareba Juil. 94 Lapidé par des rescapés et des militaires n32.David et ses 5 compagnons Tutsi) Shyara /Rwamanyoni Juil. 94 Décapités par des militaires car ils cachaient des Hutu et ils les informaient pour se cacher ou échapper n33.Jerôme Habyarimanan catéchiste à la paroisse catholique de Ruhuha, son fils et son épouse Gakomeye Juil. 94 Son épouse violée par une série des militaires. Enterrés vivants dans leur parcelle. n34.Maniraruta Emmanuel Nziranziza Juil. 94 Châtré et enterré vivant. n35.Ngirumpatse Laurent Ruhuha/ Butereri Juil. 94 Tué par des rescapés à coups d’ « agafuni » n36.Rwabagabo Esdras Burenge Juil. 94 Ligoté et tué par des coups d’ « agafuni » n37.Nyabuhinja Mathieu Burenge Juil. 94 Idem n38.Kayibanda Burenge Juil. 94 Idem n39.Fatilisigaye François Burenge Juil. 94 Idem n40.Mutetiwabo Burenge Juil. 94 Violée par 3 militaires n41.2.fils de NS : Niyoshima et Nkulikiyimana Rutonde Juil. 94 Tués décapités n42. 2 fils de Béatrice : Sindikubwabo et Nkulikiyimana Kavumu Juil. 94 Tués par les militaires qui avaient d’abord violé leur maman devant leurs yeux. n43.Mbarubukeye Damien Nziranziza/Nyabaguma Août 94 Torturé et décapité par des militaires et des rescapés à Rwakibilizi n44.Mahenda Vedaste Nziranziza/Nyabaguma Août 94 Idem n45. Zigira Innocent Nziranziza/ Nyabaguma Août 94 Idem n46.Sehorana Emmanuel Nziranziza / Nyamirama Août 94 Idem n47.Ndamijuwimwe Jean de Dieu Shyara / Ruhanga Août 94 Torturé, puis fusillé n48.Emmanuel, fils de M. qui fut conseiller communal Shyara / Kamweru Août 94 Ligoté et tué à coups de marteau n49.Habyarimana Vénuste Ruhuha /Rugarama Août 94 Tué par des militaires et des rescapés qui pillaient ses biens n50.Kanyundo Fébronie Ruhuha/ Rugarama Août 94 Violée par des militaires et décapitée n51. Iyamuremye Burenge Août 94 Torturé et décapité n52. 2 filles de NC : Nishyirimbere Josepha et Mushimiyimana Berna Rutonde Août 94 Violées puis décapitées par des militaires n53.Mpayimana Marc (enseignant) Ruhuha Oct.94 Torturé et enterré vivant n54.Fils de Kageruka et ses 7 compagnons Shyara Nov. 94 Ligotés et tués à coups de bâtons par des rescapés et des militaires n55.Ntawemvurira et son fils Nziranziza / Nyamirama Déc. 94 Ligotés et lapidés n56.Kayibanda Théoneste, son épouse et son veilleur Gakomeye Janv. 95 Sa femme violée en public ; Théoneste et son veilleur ligotés et lapidés n57.Ngasabyimana Thérèse Gakomeye / Rusagara Janv. 95 Violée et enterrée vivante n58.Mujawimana Marie Rose Gakomeye / Rusagara Janv. 95 Idem n59.Mweneyezu Marie Goretti Gakomeye / Rusagara Janv. 95 Idem n60.Nyinawamariya Agnès et sa mère Gakomeye / Rusagara Janv. 95 Violées et lapidées n61.Gisoro Alfred Ruhuha / Butereri Janv. 95 Brûlé dans de l’huile n62.Spérantie Ruhuha / Butereri Janv. 95 Violée par une série des jeunes rescapés de Ruhuha en présence des militaires n63.Epaphrodite Ruhuha / Butereri Janv. 95 Brulé dans de l’huille n64.Leostaque Ruhuha / Butereri Janv. 95 Idem n65.Mwunguzi Narcisse Burenge Janv. 95 Ligoté et lapidé n66.Sebahire Vincent Nziranziza / Kagarama Mars 95 Les yeux crevés et lapidé n67.Ruhananirindi Siméon Ruhuha /Rugarama Mars 95 Torturé et décapité n68.Ndagijimana Pascal Nyarugenge 31 août 95 Torturé et enterré vivant par des militaires n69.Nyandwi François et son voisin Nyarugenge idem Idem n70.Bigiringoma Patrice Burenge Janv. 96 Torturé et enterré vivant n71.Kalikunzira J. P. Burenge Janv. 96 Lapidé n72.Mutabazi Burenge Janv. 96 Lapidé n73.Rwamihigo Burenge Janv. 96 Lapidé n74.Ntiyamira Pierre Burenge Janv. 96 Lapidé n75. Binanga Burenge Janv. 96 Lapidé n76.Mutaganira Elysée Nziranziza / Gakoni 25/7/97 Fusillé par des militaires à Nyamirama n77.Sebarame Zacharie Nziranziza / Rutebe 25/7/97 Torturé par des militaires dans l’enclos d’une vieille connue sous le nom de Nyirakazihamagarira, conduit et tué par coups après au bureau communal de Ngenda n78.Nyilingango Gaspard Nziranziza 25/7/97 Idem n79.Nyilinshuti Jasson Nziranziza /Rutebe 25/7/97 Idem n80.Nzamurambaho Zacharie Nziranziza / Ruli 25/7/97 Idem n81.Semakwavu Nziranziza / Nyabaguma 25/7/97 Idem n82.Twagirayezu Nziranziza/ Rutebe Août 97 Fusillé par des militaires au bureau de secteur Nziranziza n83.Murara Edouard Nziranziza / Gahosha Août 97 Idem n84.Muhizi Burenge Sept. 97 Les yeux crevé et brûlé n85.Migabo Mathieu Burenge Sept. 97 Idem n 

Conclusion et recommandations.

Par ce tableau, nous avons voulu donner la parole aux victimes pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli. N’oubliez jamais vos victimes, c’étaient vos enfants, cousins, parents, époux ou épouses, amis, voisins, condisciples ou compagnons d’équipes, groupes ou tout simplement votre génération. Il faut se souvenir d’elles dans les assemblées spirituelles si vous êtes croyants. Un jour leur voix réclamera justice et nous sommes sûrs que leurs assassins seront traduits en justice avant qu’ils ne rendent compte de leurs actes devant le Créateur. Ils ont souffert toutes sortes de peines : fusillades, brûlures, viols, tueries à l’arme branche, (comme « agafuni », la machette, etc.). De grâce, ne pensez pas à les venger par les mêmes peines car seuls les esprits faibles imitent ce qu’ils ont vu. Au contraire réclamez la justice, ce sera le seul moyen d’honorer leur mémoire.

Ne perdez pas courage si cette justice tarde. Les retards, en effet, font partie du processus de l’action humaine. Dans l’attente de la justice, évitez le refus, la révolte, la haine, la vengeance, la colère, et l’indignation, car tout cela ne procure ni force, ni joie de vivre.

Ne soyez pas toujours victimes. Restez sauveteurs dans le triangle dramatique de Karpman, sauveteurs de soi et des autres. (Le Triangle dramatique, dit aussi Triangle de Karpman, est une figure d’HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_transactionnelle » o « Analyse transactionnelle »analyse transactionnelle proposée par HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Stephen_Karpman » o « Stephen Karpman »Stephen Karpman en HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/1968 » o « 1968 »1968 qui met en évidence un scénario relationnel typique entre HYPERLINK « http://fr.wikipedia.org/wiki/Triade_victime-sauveur-pers%C3%A9cuteur » o « Triade victime-sauveur-persécuteur »Victime, Persécuteur et Sauveur (ces rôles étant symboliques, une même personne peut changer de rôle).

Parmi ces victimes, il y a des martyrs tutsi tués parce qu’ils ne voulaient pas être complices. Les femmes tutsi qui ne voulaient pas abandonner leurs maris hutu etc. Les 6 tutsi de Shyara tués parce qu’ils cachaient les Hutu sont pour tous les Rwandais signes d’espoir d’une cohabitation fraternelle mais qui demande un préalable de justice.

Nous avons gardé l’anonymat des bourreaux. Nous dirons leurs noms en cas de besoin, mais ils sont souvent connus du public. Par ailleurs, certains se vantent publiquement de ces massacres confessant qu’ils les répéteraient au besoin. Ceux qui étaient présents à la réunion qui s’est déroulée devant le bureau de la commune Ngenda en 2003 se souviennent du discours indigne du général IBINGIRA qui racontait qu’il ne regrettait rien de ce qu’il avait fait et qu’il poursuivait les coupables et les génocidaires. Il ne se rendait pas compte que la majorité de ses victimes identifiées dans ce travail n’ont vu le fusil que le jour de leur mort.

Maryline Hermans

Doctorant en Criminologie

Université de Rotterdam

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